8 ans après, j'ai pu, samedi soir, revoir Cake en concert. Je dois le dire, ce concert à la Cigale, c'était comme une première fois. En 2003, j'étais pas dans le bon état d'esprit, j'avais pas encore fait assez de concerts pour comprendre la magie du groupe sur scène, et je n'aimais pas encore assez leur musique pour apprécier à juste valeur ce qui est à mon sens, comme je le répète à tort et à travers, l'un des groupes américains les plus intéressants de ces vingt dernières années.
John Mc Crea 1-0 John Mc Clane
La Cigale est une salle qui va à merveille à Cake. Petite, intimiste, avec une acoustique excellente, la salle de Pigale est une des meilleures parisiennes, en tout cas l'une de mes préférées. En plus, l'avantage, quand on va voir un groupe qui n'est pas particulièrement à la mode, c'est qu'il n'y a pas de Dickheads dans le public, pas de branleurs qui sont là pour se faire voir. Beaucoup de trentenaires grassouillets, voire même des gens plus vieux. Ça me va à ravir, les membres des générations post-1989 sont bien trop grands (en taille) pour être des spectateurs appréciables. En plus, je pense qu'un grand pourcentage de possesseur d'Icrap a moins de 22 ans. Personne ne fait ce genre de stats?
Toujours est-il qu'à l'extinction des feux, à 20h45 (avec trois quarts d'heure de retard qui auront leur importance), John Mc Crea est devenu mon héros. La raison est simple : une annonce très élégante, en plusieurs langues, pour demander aux gens de ne pas prendre de photos ou de vidéos pendant le concert. Celui qui n'a jamais passé tout un concert à se faire un torticolis parce qu'un branque devant lui tendait bien haut en l'air son appareil photo tout pourrave pour se constituer une immonde collection de souvenirs compressés ne peut pas comprendre l'étendue de ma joie à ce moment-là. Cette phrase proustienne n'exprime qu'une infime partie de ma haine contre les gens qui regardent un concert à travers un écran numérique. Au beau milieu du concert, John, ce héros au regard si doux, a même demandé à un mec d'arrêter de le filmer. Le chanteur de Cake est tellement cool qu'il n'a pas peur de contrarier une partie de son public.
Van Houten 1-0 Van Halen
Si le silence avant une symphonie de Beethoven est aussi de Beethoven, l'attente avant le début d'un concert de Cake est aussi de Cake. Généralement, lorsque l'intro retentit, le groupe arrive relativement rapidement sur scène. Sur cette tournée, Cake s'est visiblement amusé à jouer avec les attentes du public, comme en témoigne ce morceau instrumental aussi interminable que de mauvais goût, qui rappelle les grands moments des années 80, de The Final Countdown d'Europe au morceau de Van Halen cher aux supporters de l'OM. On a l'impression que ça va se terminer, mais non, c'est reparti un ton au-dessus, et la majorité du public a compris la blagounette assez rapidement. Il faut avoir de l'humour pour apprécier Cake.
Mais ce n'est pas fini! Le groupe arrive sur scène, et, alors que l'on attend une chanson énergique et rythmée, c'est la dernière chanson de l'album Fashion Nugget, Sad Song and Waltzes, qui ouvre le bal. Je viens tout juste d'apprendre qu'il s'agit, en plus, d'une reprise de Willie Nelson. Le morceau est vraiment superbe, la voix de John Mc Crea est toujours aussi claire et douce, alors que la trompette de Vince Di Fiore, habillé comme un gangster des années 30, rappelle l'unicité du son de Cake. C'est d'ailleurs une des rares fois où j'ai l'impression de voir un vrai collectif sur scène, et pas un concours d'individualités. Personne ne tente de voler la vedette ou de jouer plus fort que l'autre, chacun fait son truc au bon moment, sans fausse note.
Putain de Hippies!!!
Je ne vais pas vous enquiquiner avec une revue chanson par chanson de ce concert, mais je retiendrai Opera Singer, jouée avec un tempo accéléré, Frank Sinatra, bien sûr, une des plus belles chansons du groupe, de même que Mexico, dédiée aux japonais. 18 chansons parfaitement interprétées, avec de nombreuses variations par rapport aux albums studios, le genre de truc qui se fait de plus en plus rare et qui me réjouit tout particulièrement. Quelques moments surréalistes, aussi : une entracte (!) d'une bonne dizaine de minutes au bout d'une grosse heure de concerts, et une salle de concert transformée en salle de classe afin de trouver un spectateur digne de confiance à qui offrir un bébé-pommier trônant sur scène. En bref, c'était à la fois un concert parfaitement mené, d'une grande richesse musicale, le tout dans une ambiance particulièrement décontractée, du jamais vu pour ma part, surtout à Paris.
Comme toujours, Cake, c'est aussi une histoire de frustrations. On doit attendre 5 ou 6 ans avant de les voir sortir un nouvel album qui dure à peine plus de trente minutes et ils se font extrêmement rares sur scène en Europe. Le concert d'hier soir, qui a tout de même duré deux heures, aurait dû être bien plus long : John Mc Crea a expliqué, vers la fin, qu'un des musiciens ne s'était pas réveillé à temps et que le couvre-feu de La Cigale (Damn it!) allait les empêcher de jouer tout ce qu'ils avaient prévu de jouer.
J'attendais ce concert avec énormément d' impatience, et je n'ai vraiment pas été déçu. Cake se bonifie avec le temps... Vivement dans sept ans.
Toujours est-il qu'à l'extinction des feux, à 20h45 (avec trois quarts d'heure de retard qui auront leur importance), John Mc Crea est devenu mon héros. La raison est simple : une annonce très élégante, en plusieurs langues, pour demander aux gens de ne pas prendre de photos ou de vidéos pendant le concert. Celui qui n'a jamais passé tout un concert à se faire un torticolis parce qu'un branque devant lui tendait bien haut en l'air son appareil photo tout pourrave pour se constituer une immonde collection de souvenirs compressés ne peut pas comprendre l'étendue de ma joie à ce moment-là. Cette phrase proustienne n'exprime qu'une infime partie de ma haine contre les gens qui regardent un concert à travers un écran numérique. Au beau milieu du concert, John, ce héros au regard si doux, a même demandé à un mec d'arrêter de le filmer. Le chanteur de Cake est tellement cool qu'il n'a pas peur de contrarier une partie de son public.
Van Houten 1-0 Van Halen
Si le silence avant une symphonie de Beethoven est aussi de Beethoven, l'attente avant le début d'un concert de Cake est aussi de Cake. Généralement, lorsque l'intro retentit, le groupe arrive relativement rapidement sur scène. Sur cette tournée, Cake s'est visiblement amusé à jouer avec les attentes du public, comme en témoigne ce morceau instrumental aussi interminable que de mauvais goût, qui rappelle les grands moments des années 80, de The Final Countdown d'Europe au morceau de Van Halen cher aux supporters de l'OM. On a l'impression que ça va se terminer, mais non, c'est reparti un ton au-dessus, et la majorité du public a compris la blagounette assez rapidement. Il faut avoir de l'humour pour apprécier Cake.
Mais ce n'est pas fini! Le groupe arrive sur scène, et, alors que l'on attend une chanson énergique et rythmée, c'est la dernière chanson de l'album Fashion Nugget, Sad Song and Waltzes, qui ouvre le bal. Je viens tout juste d'apprendre qu'il s'agit, en plus, d'une reprise de Willie Nelson. Le morceau est vraiment superbe, la voix de John Mc Crea est toujours aussi claire et douce, alors que la trompette de Vince Di Fiore, habillé comme un gangster des années 30, rappelle l'unicité du son de Cake. C'est d'ailleurs une des rares fois où j'ai l'impression de voir un vrai collectif sur scène, et pas un concours d'individualités. Personne ne tente de voler la vedette ou de jouer plus fort que l'autre, chacun fait son truc au bon moment, sans fausse note.
Putain de Hippies!!!
Je ne vais pas vous enquiquiner avec une revue chanson par chanson de ce concert, mais je retiendrai Opera Singer, jouée avec un tempo accéléré, Frank Sinatra, bien sûr, une des plus belles chansons du groupe, de même que Mexico, dédiée aux japonais. 18 chansons parfaitement interprétées, avec de nombreuses variations par rapport aux albums studios, le genre de truc qui se fait de plus en plus rare et qui me réjouit tout particulièrement. Quelques moments surréalistes, aussi : une entracte (!) d'une bonne dizaine de minutes au bout d'une grosse heure de concerts, et une salle de concert transformée en salle de classe afin de trouver un spectateur digne de confiance à qui offrir un bébé-pommier trônant sur scène. En bref, c'était à la fois un concert parfaitement mené, d'une grande richesse musicale, le tout dans une ambiance particulièrement décontractée, du jamais vu pour ma part, surtout à Paris.
Comme toujours, Cake, c'est aussi une histoire de frustrations. On doit attendre 5 ou 6 ans avant de les voir sortir un nouvel album qui dure à peine plus de trente minutes et ils se font extrêmement rares sur scène en Europe. Le concert d'hier soir, qui a tout de même duré deux heures, aurait dû être bien plus long : John Mc Crea a expliqué, vers la fin, qu'un des musiciens ne s'était pas réveillé à temps et que le couvre-feu de La Cigale (Damn it!) allait les empêcher de jouer tout ce qu'ils avaient prévu de jouer.
J'attendais ce concert avec énormément d' impatience, et je n'ai vraiment pas été déçu. Cake se bonifie avec le temps... Vivement dans sept ans.




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