mercredi 4 novembre 2009

The Box

Je sais que je suis un des rares défenseurs de Southland Tales, son film précédent, mais le dernier film de Richard Kelly est bien plus accessible que son prédécesseur. Il est aussi plus limpide que Donnie Darko, dont la part d’ombre n’était pas totalement volontaire, peut-être. L’histoire de The Box est toute simple, et est inspirée par un ancien épisode de la série « La quatrième dimension », série phare, si je ne m’abuse, des années 60 : un couple reçoit un jour une mystérieuse boite, avec un gros bouton rouge dessus, un lointain cousin de HAL 200. Si jamais ils appuient sur le bouton, ils recevront la somme d’un million de dollars. Mais quelqu’un qu’ils ne connaissent pas mourra, en conséquence.

L’action se situe dans les années 70, et l’univers décrit est réaliste. Il ne s’agit pas d’un film de science-fiction, même si je suppose que des libertés ont été prises quant aux réalités techniques de l’époque. La science occupe une place majeure dans le film : le personnage principal travaille à la Nasa, alors que la découverte spatiale est en plein essor, avec Mars en ligne de Mir. Comme le dit le film, en citant Arthur C.Clarke, avec la science vient la magie, ou plutôt, le Sacré. Car il s’agit bien de fantastique métaphysique.

La question morale (appât du gain ou altruisme ?) posée au couple est d’autant plus forte qu’il ne s’agit pas d’un couple malheureux, ou d’un couple dans le besoin. L’argent obtenue les aidera simplement à payer l’école de leur fils, ou à offrir au mari une nouvelle voiture. A travers ce couple, c’est l’âme humaine qui est jugée, et jaugée, par une force surhumaine vraisemblablement mystique. Car la boîte, comme le révèle le film, ce n’est pas seulement l’objet Kubrickien qui est livré à la famille. L’homme est une boîte de chair et de sang, un vaisseau, qui vit dans des boîtes en brique, voyage dans des boîtes de carrosserie, et passe l’éternité dans une boîte en carton. La vie apparaît donc, avec Richard Kelly, comme un emboitement de poupées russes qui donne le vertige. Un vertige métaphysique qui rappelle l’infiniment petit et l’infiniment grand de Pascal, un vertige paranoïaque (les scènes de filature sont vraiment extraordinaires), mais aussi un vertige moral. Le final du film révèle en effet que les choix des uns sont directement liés aux choix autres. Du coup, les notions de Bien et de Mal en prennent un coup, comme si les observateurs (les Dieux, mais nous, aussi) s’amusaient de l’ineptie des décisions d’hommes qui souffrent dans un purgatoire qu’ils ne veulent pas quitter.

La critique est compliquée, et ne veut peut-être pas dire grand-chose, mais le film est, lui, tout sauf creux.

mardi 14 juillet 2009

U2 360°Tour

Pour moi, U2, c'est une question d'attente. Attente avant la sortie d'un album, attente avant l'annonce des dates de la tournée, attente de la mise en vente des billets, et, finalement, attente des concerts. Pour bien préparer ces deux concerts parisiens, j'ai décidé de ne rien savoir de la setlist avant le jour J, ce que j'ai réussi à faire, mis à part une ou deux surprises gâchées, mais qui ne m'ont pas empêchées de vivre de grands moments lorsque les chansons ont été jouées. Il n'y a pas à dire, mais ne rien de savoir des enchaînements, des réinterprétations des chansons, de comment un concert commence, de comment il se termine, ça change tout. Le moment le plus agréable étant peut-être le moment entre deux chansons, lorsqu'on tend l'oreille, dans l'attente de la première note qui nous fera sauter de joie.

Ainsi, quand Larry arrive sur scène, je n'ai aucune idée de ce qui va se passer. Breathe me semble être la chanson idéale pour commencer ce concert, de par sa progression. J'ai toujours rêvé de voir les membres de U2 arriver les uns après les autres, en accord avec la chanson jouée, et mon souhait s'est donc réalisé. Le début du concert, dans son ensemble, m'a vraiment plu. Le public ne répond pas vraiment aux chansons du dernier album, en particulier à No Line on the Horizon et à Unknown Caller, malgré l'excellent karaoké, ce qui est fort dommage, mais les attentes d'un public de 90 000 personnes ne peuvent pas être les mêmes que celles des fans aguerris qui évoluent sur U2achtung.com. Certes, les standards de U2 ne sont pas les chansons que j'attendais le plus, mais force est de constater que leur interprétation sur scène les dépoussière toujours de la plus belle des façons : I still haven't found what I'm looking for, et sa basse ronronnante, a été parfaitement mise en valeur, de même que Sunday Bloody Sunday, avec une mise en scène que j'ai trouvé très appréciable, avec Bono qui ne s'est visiblement pas lassé de chanter cette chanson, comme en témoigne l'improvisation finale que je n'avais jamais entendue auparavant.

La force de U2 est peut-être la capacité à rendre des moments quasi-routiniers uniques, par des petites touches presque imperceptibles, qu'elles soient involontaires, comme le plantage hilarant de Bono sur Magnificent, suivi d'un petit changement dans les paroles, ou volontaires, comme l'excellent hommage à Michael Jackson après Angel of Harlem. Ca a été un véritable régal, situé en catégorie 4, derrière la scène, de voir Bono reculer, doucement, ralentissant le rythme de "Don't Stop 'till you get enough", parfaitement suivi par le reste du groupe.

Voilà l'occasion pour justement revenir sur le concept de la tournée, ce fameux 360° Tour. Pour être parfaitement honnête, au moment de l'annonce de la tournée, j'ai été fort sceptique. U2, lors de ses meilleures tournées (celles des années 90), avait toujours un excellent concept, que l'on retrouvait dans le nom de la tournée. Ce coup-ci, le seul concept semblait être une simple performance technique, froide et forcément condamnée à être rapidement dépassée. J'ai été extrêmement impressionné, en entrant dans le Stade de France, par cette scène extraordinaire, espèce d'araignée à quatre pattes affublée de mignons petits pompons oranges. Premier constat, la promesse d'une visibilité circulaire a été tenue. Le groupe l'assume d'ailleurs totalement, Bono en particulier, qui passe une grande partie du concert devant nous, me donnant l'impression d'être à Bercy. Ces places à 34 euros sont sans aucun doute le meilleur rapport qualité prix, et le "concept" du 360° est tout sauf un prétexte pour vendre plus de places. J'ai mis "concept" entre guillemets car la forme circulaire de la scène, et cette visibilité très bonne de partout, n'est pas, pour moi, le véritable concept de la dernière tournée de U2. J'ai été frappé par l'accent mis sur l'idée d'un cycle qui recommence encore et encore. A l'image de l'horloge, qui apparaît ponctuellement sur l'écran circulaire, pour simuler les 24 heures d'une journée entière que l'on passe avec le groupe. Cycle, qui est rappelé par la forme de la scène, mais aussi par ce micro suspendu en l'air, lors du dernier rappel, qui a l'air de flotter, comme en gravité. L'entrée du groupe sur "Space Oddity" de David Bowie n'avait pas pour seul but de faire plaisir à un certain forumien, il s'agissait pour moi d'annoncer le véritable concept de cette tournée : l'idée d'un voyage dans l'espace, d'une rupture avec notre système euclidien, avec les lois naturelles. D'où cette idée démesurée, que le Zootv n'aurait sûrement pas dénigrée, de communiquer avec l'espace. D'où l'appellation de vaisseau spatial pour la scène. Et d'où, finalement, l'imitation d'un robot extraterrestre, à la fin du concert, par Bono, moment hilarant où ce dernier s'excuse immédiatement de la ringardise de son humour. Le vaisseau spatial m'a immédiatement fait penser à 2001, de Stanley Kubrick, film dont je sais qu'il est apprécié par Bono, et où la forme circulaire a une place prédominante, comme dans l'ensemble du concert de cette tournée. La boucle est bouclée, si j'ose dire, et si on est libre d'interpréter comme on le souhaite ce riche ensemble, il me semble tout de même que nous avons là bien plus d'idées que lors des deux tournées précédentes.

Cela s'est ressenti au niveau de la setlist. Même s'il faut peut-être un concert entier avant de digérer le petit nombre de chansons des années 90, il m'a semblé que le choix des chansons était fort judicieux. Ressortir deux chansons majeures du groupe, deux titres que je n'aurais jamais espéré entendre "pour de vrai", à savoir "Unforgettable fire" et "Ultraviolet", démontre une grande lucidité du groupe quant aux attentes des fans. Si je suis devenu hystérique en entendant les premières notes de ces deux morceaux, le plus gros choc a sans doute été le début de "I'll go crazy if I don't go crazy tonight". Il faut savoir que je trouve que cette chanson est la plus faible du dernier album. Je m'attendais à ce qu'ils la jouent, et je me préparais à vivre le moins bon moment du concert, et c'est sûrement en raison du décalage entre mes attentes et la manière dont cette chanson a été jouée qui en a fait un des plus grands moments du concert. Quel choc de revoir le second degré du clip de Discothèque refaire surface sur l'écran géant, avec les têtes des membres du groupe s'agitant sur un rythme techno, sans vraiment comprendre ce qu'il se passait. Cette version est incroyable, et je regrette vraiment que le groupe n'ait pas enregistré cette chanson de cette manière sur l'album.

Le concert a donc répondu a toutes mes attentes de voir ressurgir certains des titres que j'aime tant, et que je pensais à tout jamais oubliées par le groupe. Mais il a fait bien plus, me surprenant plusieurs fois, me prouvant que le groupe était toujours heureux d'être là, que la voix de Bono n'avait pas été aussi bonne depuis plusieurs années (depuis le Zootv, en fait), et que U2 était toujours capable, même dans la démesure la plus totale, de créer une ambiance intimiste, et de retrouver la fraîcheur de leurs débuts. Je n'aurai pas eu la chance de faire le Zootv et le Popmart, mais, sans nul doute, le 360°Tour est la plus belle des consolations.

lundi 8 juin 2009

Hommage à Raúl

Une fois n'est pas coutume, un rapide message pour faire part d'une chose très rare : une excellente compilation sportive amateur, trouvée sur youtube. C'est tout simple, en la regardant, j'ai eu l'impression que j'aurais pu la faire!
Comme quoi, Raúl en a inspiré plus d'un...